… un moment de la journée où, même si la météo neigeuse est source de perturbations parfois terribles, on ne s’attend surement pas à la suite des événements.
Donc après une journée et demi où on a bien résisté au froid (pas de vent, ça aide) en revisitant Genève, et en ayant découvert avec plaisir comment la cité suisse romande se pare de mille et une lumières pour les fêtes de fin d’année, le moment du retour s’est amorcée. On est arrivé en trolleybus en ville, on repart à l’aéroport en bus, à travers le quartier des Nations et du Haut Commissariat aux Réfugiés. C’est le passage du trajet retour le moins perturbé de tout l’ensemble.
Après encore avoir un peu profité de l’air genevois, j’entrai enfin à l’aéroport à 15h30 afin de me préparer à mon vol qui doit décoller en théorie 2h plus tard… en théorie, parce que, en pratique, vu les retards affichés sur le panneau de départs, comprenant encore la présence du vol précédent vers Bruxelles avec un retard très prononcé, je suis certain de ne pas partir à l’heure.
N’ayant qu’un bagage à main sur moi, je me procure encore assez rapidement la carte d’embarquement, et le passage par le contrôle de sécurité se fait un peu doucement, mais avec la file devant moi, je comprends tout à fait. Une fois les formalités accomplies, je peux essayer de liquider ce qu’il me reste en argent suisse dans les boutiques duty free…
16h15, il est plus que temps de commencer à songer à m’intéresser au quai d’embarquement de mon vol. Celui-ci n’est toujours pas annoncé, et le vol précédent de 15h20 n’est toujours pas parti, je patiente un peu avant de voir que “de plus amples infos nous seront communiquées à 17h30″. Ceci confirme d’ores et déjà que nous ne partirons pas à l’heure. J’espère que, comme pour certains vols annoncés avant le mien, mon avion ne sera pas annulé, sinon je peux déjà réfléchir à passer une nuit supplémentaire en Suisse…
17h30 arrivent, on continue de patienter, pas de nouvelles… encore un petit quart d’heure avant que le panneau n’annonce 18h15 pour… de plus amples infos. Entre temps, le vol précédent pour Bruxelles vient enfin de quitter le tarmac genevois… Ca me laisse le temps d’aller chercher du ravitaillement, la soirée risque d’être longue. Mais à ce moment, je n’aurais jamais cru qu’elle eut pu être longue à ce point…
18h15… rien de nouveau sous le soleil (qui est déjà couché…). Deux employés de l’aéroport sont chargés de répondre aux questions des voyageurs en attente de leur vol, et depuis plus de 2 heures, je ne les ai pas encore vu souffler. “Ce sont des journées lourdes avec un temps pareil…” dis-je à l’une d’entre elles, qui me répond que c’est comme ça tous les jours… Bon courage !
vers 18h45, on nous annonce enfin que le vol est “prévu” à 20 heures. Je respire de soulagement, mais ne hurle pas encore de joie, tant la nuance entre le prévu et le décollage peut encore être relativement importante. Je dois encore attendre une bonne heure près du panneau avant qu’un quai d’embarquement soit enfin attribué… 15 minutes avant l’heure du “prévu”. “Si on part à 20 heures, c’est un miracle”, me dis-je en moi-même… Je me rends sans hésiter au quai attribué, c’est que, mine de rien, je dois m’asseoir, ça fait plus de 4 heures que je me tiens debout…
Au quai d’embarquement, la file est dense. Il faut encore patienter avant qu’on ouvre l’accès. Il est 20h25 quand je suis enfin à ma place dans l’avion, et on attend à nouveau, on attend, on attend, on attend, on attend, on attend… “Des passagers enregistrés manquent à l’appel, merci de votre patience!” Comment est-ce possible de manquer à l’appel quand on a enregistré ses bagages et qu’on ne sait dans ce cas pas aller tellement loin du périmètre de l’aéroport ? Il faudra encore attendre un moment avant que la décision ne soit prise de céder leur place à des personnes sans bagage enregistré qui attendent encore leur tour pour les 2 vols suivants… 2 vols… je ne veux pas m’imaginer à quelle heure ils vont arriver à destination… Reste encore à dégivrer les ailes avant de pouvoir décoller. Il faut vraiment être patient dans ces conditions.
22h… Une heure où j’espérais déjà être chez moi depuis longtemps dans des conditions normales… l’avion entame enfin sa manoeuvre de décollage. 4h30 de retard est encore une moyenne pas trop mauvaise par ce temps comparé à certains autres vols qui avaient plus de 6 ou 7 heures de retard, voire étaient carrément annulés. Le vol en lui-même se passe sans histoire, et nous entamons notre manoeuvre d’atterrissage à 23h. Si je peux encore manoeuvrer vite, je peux encore rentrer chez moi avant minuit, enfin…
23h10. On a atterri, mais personne ne sort… “Veuillez patienter, nous recherchons quelqu’un pour manoeuvrer la passerelle”. Ca, c’est le bouquet ! Avoir un vol en retard plein de gens qui ne souhaitent que rentrer chez eux au plus vite, et nous voilà à nouveau à patienter. Le message du commandant de bord a été commenté sous des soupirs de râlement généraux. Le temps s’écoule, et, à notre droite, un avion d’EasyJet atterrit à son tour. Eux, peuvent sortir immédiatement. Un traitement de faveur…
23h35. Miracle ! La passerelle a été amenée. Une grande partie des voyageurs applaudit. N’ayant pas de bagage à récupérer, je me précipite pour vite voir à quelle heure j’ai encore un train, vu que le 21, je peux complètement oublier. On nous a fait débarquer à l’autre bout de l’aéroport et il me faut encore un bon quart d’heure avant d’arriver au hall de sortie. Ouf ! Quand je vois le monde qui attend, je me dis que certains sont surement là depuis des heures et ne sont pas encore au bout de leurs peines… bon courage ! J’arrive au panneau des trains qui n’en annonce plus qu’un, à 0h27. Je n’ai pas envie de patienter 30 minutes et je me rends quand-même à la gare des bus afin de vérifier si par miracle il y aurait encore un 272 au départ… C’est ainsi qu’on découvre que le 272 finit encore avant le 21, bigre !
C’est contraint et forcé que je me rends à la gare, avec une terrible envie de dormir maintenant… vu l’heure et le trajet, c’est tout à fait normal… Eplucher l’horaire me permet de découvrir que si une bonne âme nous avait amené la passerelle immédiatement, j’aurais eu un train plus tôt qui m’aurait permis d’arriver une heure plus tôt chez moi… Le train arrive à 0h22 et a encore une petite charge intéressante. Quand on sait que certains vols doivent encore arriver après, je me prends de pitié pour tous ces gens qui doivent encore arriver… Le train arrive Gare Centrale à 0h44, j’y débarque…
Ma chance dans mes péripéties de ce trajet retour, c’est que je rentre chez moi un vendredi, donc il y a des bus Noctis
. Je connais le N12 de 1h14 à la Bourse qui m’a déjà servi quelques fois en descendant du dernier train venant d’Antwerpen, et l’attends donc patiemment en mangeant un morceau (je n’ai toujours pas soupé à 1h du matin…). Le N12 me ramènera à bon port dans mon quartier, et je pousse un terrible soupir de soulagement en arrivant chez moi, à … 1h45 !
Avant d’arriver à l’aéroport de Genève, je m’étais déjà dit plusieurs fois que j’aurais du rester un jour de plus et rentrer en train le lendemain. Je ne sais pas quelles conditions météo j’aurais eues, si le retour aurait été meilleur, mais en tout cas, l’avion en décembre sous la neige, je m’en souviendrai…