2 juillet 2007. La STIB restructure une partie de son réseau. Un tiers des lignes est concerné par un changement, soit très mineur (la ligne 65 ne va plus à De Brouckère, mais est limitée à la Gare Centrale), soit très important (la ligne 60 est globalement transformée, par exemple).
Un gars qui a la bougeotte comme moi ne pouvait pas ne pas cocher cette date dans son agenda pour essayer d’en faire un maximum, pour avoir sa propre opinion sur les nouveautés et aussi, pour tâter la température du terrain, et les réactions, soit agréables, soit colériques, des autres usagers
C’est donc avec le 54 de 7h15 que je commence mon long périple à travers la déstructuration du réseau… Et on entre immédiatement dans le vif du sujet. Tout comme mon site ne l’annonce toujours pas (faute de temps, mais ce sera adapté dans les prochains jours), la ligne fut scindée ce lundi 2 juillet, ma branche sud étant limitée à la Gare du Luxembourg, la branche nord à la Porte de Namur. La branche sud se voit à présent desservie par le dépôt Delta et ses sous-merdes de Jonckheere Premier
Enfin, je ne vais pas trop me plaindre de ces bus cette fois-ci (oui, ça change
), mon bus fut assuré par le 8559, au confort spartiate, certes, mais qui a beaucoup mieux gravi la montée de Forest-National que la grande majorité des A300, même des bien réglés. D’expérience, toute la série des Premier ne tourne pas aussi bien, donc je préfère parler d’un bus bien réglé
Sur le tracé, pas de commentaires, c’est un 54 comme les autres jours, et tant que les gens ne vont pas jusqu’à la zone critique, il n’y a pas de problème. On arrive à la Porte de Namur sans souci comme ça… même si le 64 vient de démarrer, et ça pour faire une correspondance parfaite, ce n’est pas l’idéal… :/ . J’attends de voir la suite… Des gens embarquent à Trône, comme d’habitude, et arrivés à Luxembourg, un steward monte pour demander aux gens de monter dans le 64 (en résumé, celui de devant qu’il a fait attendre). Tout se passe bien, personne ne râle, il y a seulement pour certaines personnes un manque de réaction un peu plus long, mais sans gravité… L’information circule bien grâce à la distribution de dépliants.
Après le 54, le 97. Pour le rejoindre, retour vers Trône en 27 (un Cito après un Premier, je dois être sado-maso…), puis en métro jusque Louise. Le quai noir de monde ne m’amuse guère. Je n’ai pas l’intention de tester les deux branches de la ligne 94, et cette foule massive explique sans doute celà. Ce n’était plutôt qu’un retard sur la ligne, car 2 94 et un 92 viendront absorber la foule.
Ensuite débarque le 97. La 7705 arrive tranquillement, avec bien naturellement le flot de passagers habitués de la ligne 91 qui viennent questionner le conducteur sur où il va. Une partie reste sur place pour attendre le 92, l’autre embarque. Ca a l’air clair évidemment… N’empêche, j’aimerais voir Janson avant de me prononcer…
Janson, comme prévu par son itinéraire, le 97 tourne à droite. Un cri s’élève soudain dans le tram : « Hé chauffeur, 92 ! ». Je me retourne vers eux, et j’explique : « Non, c’est un 97 ! » Réponse : « Il ne va pas avenue Brugmann ? » « Non ! » Du coup, la moitié (!) des usagers présents dans le tram descend juste après le carrefour. « On n’est jamais informé! » dira même une dame… N’empêche : un grand panneau sur la place Louise, des stewards redirigeant les usagers, des dépliants distribués, des avis à chaque arrêt, une indication claire sur le tram… il leur faut un show musical ou quoi ? Il y aura toujours des gens qui passeront à côté de l’info…
La suite de l’itinéraire en 97 ira bien, le tram se remplit peu après la Barrière et garde sa charge normalement. Carrefour Stalle, le conducteur annonce : « terminus ! Pour continuer, prenez le tram 4″. Oui, bon, je fais… je vais demander au conducteur s’il ne prend pas de public jusqu’au terminus même, réponse identique : « Prenez le tram 4″. Bon, certains trucs doivent encore être clarifiés à gauche et à droite :/
Les clients du 97, de plus, ne seront pas absorbés par un 4, mais par un 98 qui passait avant
Premier petit incident de la journée : un 97 s’est arrêté avec le panto sous une section juste sur la traversée de la rue de Stalle prolongée, bloquant par la même le trafic. Un véhicule du chantier voisin est venu à la rescousse du pauvre tram qui bloquait tout le terminus
. Ce terminus est minuscule pour deux lignes. Je m’y trouvais dans la pointe du matin, tandis que le 4 ne circule pas encore avec ses fréquences annoncées, je crains le pire en septembre…
Voyons à présent ce 4, axe fort mis en avant sur cette restructuration. A la mettre à ce point en avant, on a donc du améliorer les priorités de passage du tram, les phasages des feux, etc. afin de rendre la ligne aussi forte qu’on ne l’annonce. Rue du Wagon, ce n’est pas le cas, place Danco non plus, place Vanderkindere non plus, square De Trooz non plus et Pont Van Praet non plus… entre temps, un 97 vient saturer le terminus du Parking Stalle alors qu’il ne perturberait pas plus le 4 qu’il ne l’est actuellement s’il allait au Dieweg…
« Il est cool le nouveau 4″ s’écrie un gosse qui est monté au square des Héros. C’est vrai que ça change vachement du 91. La suite du parcours, les gens font évidemment la comparaison avec ce qu’ils connaissent (« C’est un 3 prolongé ») et s’adaptent encore bien au parcours… ou presque : à Albert, j’ai du rediriger quelqu’un qui devait se rendre à Ma Campagne et qui est monté dans le premier venu. Encore un vers le 54 
Niveau régularité, des progrès sont encore à accomplir sur cette ligne 4…
après le 4, le 88. Je débarque à De Wand pour y prendre un 23 (en espérant que je ne tombe pas dans un trou de 20 minutes (quelle idée, ça
)) et accéder à ce 88 dont je sens bien qu’il va se vider 3 fois sur mon parcours, au hasard à Jette Gare, à Bockstael, au WTC et à Parking 58… avec un brin d’itinéraire ou je serai seul dans le bus entre Pouchkine et Entrepôt
A quelques détails près, c’est bien ce qui s’est passé (une grand-mère curieuse de voir où va le 88 est restée après Pouchkine, avec ses petits enfants)
Une surprise cependant, mais sans doute faut-il laisser aux gens le temps de trouver le nouvel emplacement de leur arrêt : j’étais le seul client dans ce 88 après Parking 58
Je quitte ce 88 à Duchesse de Brabant, afin de faire un petit bout dans un 89 affichant Pannenhuis. Apparemment, j’en ai manqué un de peu. Ce qui me permet de visualiser ce qui passe dans le coin à présent, et de bien me faire me rappeler que j’ai une liaison directe par ici maintenant. L’horaire du 89 n’a pas encore été adapté, mais visiblement, l’horaire blanc actuellement d’application semble encore cohérent. En tout cas, le 89 arrive bien à l’heure annoncée par cet horaire périmé…
Une petite satisfaction personnelle est de voir cet écran fonctionner comme sur des roulettes
Ribaucourt, je quitte mon 89 pour prendre un 81 et relier Ribaucourt à Etterbeek sans changer de véhicule
Pas trop de réactions dans ce tram, mais il est vrai que jusqu’à la Barrière, c’est comme feu le 18. Et comme je suis parvenu à m’endormir à Bethléem, je n’ai pas suivi les réactions par après. Je me suis réveillé à Bailli seulement… sur un 81 tout à fait normal dans le coin… je débarque à La Chasse, et le temps devient menaçant…
De La Chasse vers Schuman pour parcourir la ligne 79
Il arrive juste quand je quitte le 36, alors qu’une averse puissante vient de s’achever. Je prends place dans le bus et j’attends son départ pour un nouveau tracé dont je me demande quel degré d’attrait il va atteindre… Je me dis que jusqu’à Diamant, ça va aller, et ensuite, on verra… Finalement, au-delà de Diamant, ça va toujours, et les résidents des Pléiades semblent bien avoir digéré la modification. Mais il est vrai que de passer d’un 80 tortueux à un 79 rectiligne, ça doit faire plaisir
. Nous serons 3 à débarquer à Kraainem. Pause midi avant de repartir, et le temps d’espérer un parallèle avec un 30 à son terminus… en tout cas, il y a des coins photos très intéressants sur ce 79
Pour la suite, métro jusque Roodebeek, 45 jusque Paduwa (fichtre, comme un articulé aurait encore été nécessaire là-dessus, et il est 14h un jour de vacances…), pour ensuite suivre la nouveauté de la ligne 66 par Evere Shopping. Et là où je m’attendais à voir des gens tourner la tête pour demander ce que fait le chauffeur, c’est… moi qui tourne la tête, car il a suivi l’itinéraire comme s’il n’avait pas été modifié
. Je tiens à faire ce tracé dont j’ai suivi une belle partie à pied du temps où je bossais à Evere… J’adapte mon programme et décide de revenir à Dunant en 66, non mais !
Là, il y a des gens surpris, enfin, dans les deux sens : ceux qui vont faire leurs courses à Evere Shopping sont aux anges, ceux qui vont à Hoedemaekers sont perdus… tant qu’on peut leur expliquer de rester dans le bus jusqu’aux Anciens Combattants puis de prendre un 45, ça va
Depuis Dunant, cap sur Bordet en reprenant un 66 puis un train de la ligne 26. A Bordet Station, juste le temps de descendre du train, je vois un 80 tourner. Raté ! Au suivant ! Et ça ne m’inspière guère, vu le gros nuage qui arrive à l’horizon… J’attendrai 5 minutes hors de l’abri, avant d’y foncer, vu la force de l’orage… Et je dois laisser mon parapluie ouvert… pourquoi le designer de ces aubettes n’a pas songé à combler ce trou qui permet à l’instant à la pluie de venir m’arroser, même si je suis à l’abri ? Et ce n’est pas tout ! L’averse est tellement forte qu’un ruissellement se forme, ce ruissellement passe sous le panneau publicitaire (sous lequel il y a un trou aussi… étonnant, non ?) et vient inonder mon pied
C’est chez Decaux que je dois me plaindre si je tombe malade dans les prochains jours ?
Bref, l’averse n’est pas encore finie quand le 80 suivant se présente. Là, un seul scénario : le bus se vide au Cimetière de Bruxelles. Et … presque bingo
Il y avait aussi dans ce bus des gens curieux de suivre l’itinéraire de ce 80 qui leur offre une liaison directe avec la Porte de Namur qui les enchante véritablement
Tant que ça ne tourne pas trop pour vous, c’est parfait !
A Meudon, je quitte le 80, rien que pour aller faire du 27 jusque Andromède et en revenir. A l’aller, l’A300 8700, au retour, le Cito 8042. La différence avec le 27 précédent ? Les gens d’Andromède remplissent bien le bus et il n’y a plus une place assise de libre dans le Cito. Là, l’avis général est excellent ! Pour le tracé en tout cas, ils arrivent très vite dans le quartier Meudon et ça leur plait !
Après le 27, le 28 jusque Brabançonne, où après une remarque sarcastique du chauffeur (« Alors ? Je t’ai fait courir ? »), le parcours me laissera sur une position mitigée. Oui, il y a des gens qui continuent jusque Brabançonne… mais l’arrêt de débarquement n’est pas aussi idéal que l’autre, à côté de l’arrêt des 61-64, alors les gens ne débarquent pas… moi non plus du coup
Brêve intermède en 64 jusque Ambiorix, le temps d’aller y chercher un 63
Réaction des gens dans le 64 : « Ah, c’est comme le 54, ça va ! »
Le Mercedes Citaro 8876 se présente sur le 63. Bus articulé = montée par n’importe quelle porte, pensai-je. Hé non ! Le chauffeur a appliqué la montée par l’avant… Si les gens gardent leurs habitudes comme ça, ça pourra prouver que ça fonctionne aussi impeccablement sur un articulé 
Aucune chance d’y voir un écran fonctionner, pensai-je, vu que ce bus a un nouvel ordinateur de bord. L’écran ne marchait en effet pas, mais il présentait un effet de diagonale assez bizarre… La clientèle est clairsemée et ne donne pas l’impression qu’il fallait augmenter la capacité de la ligne à ce point… La météo est à nouveau mauvaise au moment de quitter le bus, à la Gare Centrale.
Place au sport, à présent : la ligne 38 est surement un des morceaux les plus durs à digérer de cette restructuration. Je m’endors cependant dans ce bus, et je fus réveillé par la voix d’une dame qui se plaignait des changements… alors qu’elle débarque avant la zone incriminée. Ca commence fort, me disais-je. Arrivée au square des Héros, je ne pouvais demander mieux. Le chauffeur annonce terminus, les clients : « la STIB se fout de ses clients ». Ce fut d’autant plus pimenté que le terminus du 43 est déplacé pour travaux et que le premier venu ne s’est pas arrêté au nouvel emplacement. Pendant ce temps, une Forestoise se rendant à l’hôpital Sainte-Elisabeth se lamente auprès du contrôleur en place que ça fait une heure et demie qu’elle essaie d’avoir le 41, parce qu’elle a attendu 40 minutes le 38 à Globe (le panneau qui s’y trouve est surement là pour faire joli pour cette dame, enfin soit, il y a toujours des gens qui passent à côté de l’info…) après avoir du changer du 97 au 4 et qu’elle est revenue au square des Héros où elle s’est fait dire que le 41 ne roulait plus … ambiance !!!
Un petit 43 Homborch jusque Uccle-Calevoet ensuite, tous les clients du 43 tiraient la tête. Améliorer la régularité des lignes, ok, mais faire changer les gens là, ils ont l’impression qu’on se fout d’eux…
Ensuite, le 60. Effet d’envoyer le 60 par là a eu l’effet que presque tous les clients qui ont embarqué ont demandé au chauffeur comment ils devaient faire pour aller à leur point habituel. Je vois déjà très bien le bus se vider au Dieweg
. Et je ne m’étais pas trompé
Le Dieweg aussi était à la hauteur de mes espérances : j’y voyais un axe délicat où deux bus auraient du mal à se croiser… et quand c’est un car qui stationne en double file, on obtient un mic mac que l’on n’espérait même pas
A partir de l’Observatoire, la ligne retrouve son itinéraire et le bus sa charge… Je descends à Houzeau pour continuer en 41. Petit point piquant à noter : un 134 est passé pendant mon attente, et je n’ai jamais vu autant de monde dans un 134.
Il a mis du temps à venir ce 41, me faisant douter s’il était encore dévié ou pas… finalement, il arrivera avec un brin de retard auquel je ne penserai plus sur la suite de l’itinéraire. Le raccourci à Futaie n’a pas suscité de réaction, la seule anecdote étant ce jeune qui s’est fait coincer le pied à la porte arrière par laquelle il est monté et comme le chauffeur ne suivait l’embarquement que par la porte avant comme il se doit… le pire est qu’il est redescendu, et qu’il est remonté au moment où la même porte se refermait… dur dur
Après le 41, le … 34 ! Qui n’a pas connu de changement d’itinéraire, mais un changement de film (« prolongé R.P. Souverain »). Ce qui me permet de me rattraper avec les 25 en 2000 que j’avais négligés dans mon planning. Je me rends d’Herrmann-Debroux à Arsenal en 344, et ensuite d’Arsenal à Schuman en 345 pour la suite du programme.
Schuman – Beekkant. Il ne me reste plus que le 82 à faire pour finir ma journée. Mais le temps passe, le 85 traine (j’en ai raté un, apparemment), et j’arrive à Berchem à 19h40. Je suis du bon côté de la ville pour le bus 15, que j’irai chercher à Dieleghem après un parcours en 84
Là non plus pas de surprise, seul un contrôleur signalera à WTC que le bus va faire son terminus dans la gare du CCN.
Vu l’heure qu’il est, je peux rentrer en 32, ce dont je n’espérais même pas en partant au matin
J’adore déjà ce 32 ! Il a des temps de parcours plus brefs que feu le 52 et il fonce partout ! Ca fait longtemps que je n’ai plus eu cette impression de tram qui roule sur l’avenue Van Volxem
Enfin, il est 21h20, je suis enfin à Forest. Tiens… je n’ai pas fait de 54 Luxembourg, pour finir. D’après l’horaire, je dois attendre 15 minutes. Je suis trop crevé pour encore attendre. J’ai de toute façon plein de temps pour en faire à présent…